Annonce de l’ACTCC-CACBT en lien avec les pensionnats

Réaction à la découverte faite à l’ancien pensionnat de Kamloops

14 juin 2021

Les membres du comité de l’Association canadienne des thérapies cognitives et comportementales (ACTCC-CACBT) aimeraient exprimer leur déchirement et leur indignation suite à l’annonce concernant les restes de 215 enfants autochtones des Premières nations Tk’emlúps te Secwe̓pemc trouvés dans un charnier sur le site d’un ancien pensionnat de Kamloops. Cette découverte est un terrible rappel des injustices profondes infligées aux Premières nations, Métis et Inuits par l’enlèvement forcé de leurs enfants afin que ces derniers se retrouvent en pensionnat, ainsi que du mal, de la négligence, de la violence, et du racisme systémique perpétués dans ces écoles. Nous offrons nos plus sincères condoléances à tous les survivants du système de pensionnat, leurs descendants, leurs familles, et leurs communautés.

Cette découverte ne représente pas un « sombre chapitre dans l’histoire du Canda ». Ceci est plutôt un exemple du génocide colonial perpétué par le gouvernement canadien contre les peuples autochtones. Le système de pensionnat a été établi dans le contexte d’une politique concrète d’assimilation forcée, désignée à éliminer les peuples autochtones en tant que peuples distincts. Le résultat fût un génocide culturel ainsi que l’élimination de générations entières de personnes autochtones. Le pensionnat de Kamloops était l’un des 130 pensionnats qui ont opéré au Canada entre les années 1880 et 1996.

Toutefois, l’oppression systémique envers les peuples autochtones n’est pas derrière nous. Encore aujourd’hui, les peuples autochtones sont surreprésentés dans les foyers d’accueil et les prisons, plusieurs personnes autochtones vivent sans aucun accès à de l’eau potable ou à un logement stable, des inégalités significatives existent entre les personnes autochtones et non-autochtones au Canada par rapport à l’éducation, l’emploi et la santé, et enfin, des milliers de filles et de femmes autochtones sont portées disparues ou ont été assassinées. 

En mémoire des 215 enfants et de leurs familles, et dans le contexte du Mois de l’histoire des autochtones, nous demandons instamment à toutes les personnes non-autochtones de prendre le temps de vous éduquer à propos du système de pensionnat et de son impact sur des générations de peuples autochtones : parlez à vos familles, amis, et collègues à propos du traitement qu’a infligé le Canada aux personnes autochtones, enseignez à vos enfants en quoi consistait le système de pensionnat, lisez (ou re-lisez) le rapport final de la Commission Vérité et réconciliation du Canada (http://www.trc.ca/assets/pdf/French_Exec_Summary_web_revised.pdf), et appelez à ce que votre gouvernement fédéral, provincial, territorial et municipal réponde à l’appel et prenne action, et finalement, écoutez et amplifiez les voix autochtones.

En tant qu’organisation, l’ACTCC-CACBT s’engage à s’améliorer. En juin 2020, en réponse au meurtre brutal et insensible de George Floyd, en plus de la violence policière et de l’oppression systémique envers d’innombrables autres personnes autochtones, noires, ou personnes de couleur, l’ACTCC-CACBT a émis une déclaration quant à notre engagement à augmenter l’inclusion et à combattre le racisme et la discrimination.  Nos objectifs à court terme incluent les suivants : lancer une série de webinaires concernant la TCC adaptée aux groupes racisés, travailler à des initiatives afin d’augmenter l’accessibilité à la TCC pour les clients appartenant à ces groupes, établir un prix étudiant afin de promouvoir le travail d’étudiants qui sont des personnes autochtones, noires, ou personnes de couleur, et entreprendre des démarches afin d’augmenter la diversité au sein des membres de notre association. À ce jour, nous avons pris acte par rapport à tous ces points prioritaires. Toutefois, ceci n’est que le commencement et nous pouvons faire beaucoup plus encore.

En tant que membres du comité de l’ACTCC-CACBT, nous nous engageons à améliorer notre propre compréhension des atrocités infligées aux peuples autochtones du Canada et à réfléchir sur notre propre rôle ainsi que le rôle de notre profession dans la discrimination persistante envers les peuples autochtones. Nous nous engageons aussi à explorer comment notre organisation peut aider à augmenter l’accessibilité et la disponibilité d’interventions cognitivo-comportementales qui ont été culturellement adaptées aux besoins des peuples autochtones.

Comme premières étapes, nous nous engageons à : (1) tenir une série de webinaires désignés à encourager chez les cliniciens l’humilité culturelle face à la santé mentale et le bien-être des peuples autochtones et à augmenter leurs connaissances quant aux interventions culturellement et contextuellement adaptées; (2) explorer les manières par lesquelles notre organisation peut faciliter l’accès des étudiants autochtones aux professions en santé mentale; et (3) offrir une adhésion gratuite à l’ACTCC-CACBT aux professionnels en santé mentale qui s’identifient comme étant autochtones.